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Homélie du dimanche 24 mai "l'heure est venue" Ac 1, 12-14 ; 1P 4, 13-16 ; Jn 17, 1b-11a

En attente. La première lecture nous a montré les disciples qui, après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, sont retournés du mont des Oliviers à Jérusalem et sont montés à l'étage de la maison où ils se tenaient tous . Tous se demandent ce que sera demain, mais leur cœur est déjà plein d'espérance. Nous avons vécu aussi ces moments de transition où après avoir vécu l'épreuve et redécouvert un avenir possible, nous attendons un avenir meilleur en toutes choses et aussi pour notre foi. Même si nous avons derrière nous une longue expérience de vie dans la foi, nous sommes toujours en attente de ce que pourra devenir la présence de l'Esprit dans notre vie. Nous le savons : c'est un Esprit de paix et de force qui nous est promis. Oui, nous y croyons : " dans les jours qui viennent ", nous accueillerons la grâce de l'Esprit de Pentecôte venant en nous.

La prière de Jésus. La "prière sacerdotale" de Jésus, qui nous est transmise dans l'évangile d'aujourd'hui, nous aide à nous mettre dans cette attente, même si elle ne parle pas explicitement de l'Esprit Saint. La prière de Jésus est vraiment celle du père de famille qui, sur le point de "partir ", prononçait une dernière fois une prière en faveur de ses enfants (elle nous fait penser à Moïse priant Dieu et bénissant les tribus avant son départ). Jésus, malgré toute la souffrance qui pouvait l'habiter, dans la perspective toute proche de sa passion est apparu à la Cène dans toute sa dignité de Fils de Dieu ; il était en toute paix en conversation intime avec son Père (Abba, Papa), comme s'il était déjà dans l'éternité de Dieu. Oui, dans notre prière et même dans celle de ceux qui voient venir la mort peuvent coexister la foi et une immense paix.

La gloire de Dieu. Jésus demande à son Père que la gloire de Dieu soit manifestée (à la fois celle de son Père et la sienne): Qu'est-ce que cette gloire dont les textes d'aujourd'hui nous parlent si souvent ? C'était déjà un mot central dans le premier Testament : A travers l'histoire d'Israël, la Gloire du Seigneur accompagnait la marche du peuple dans le désert... et elle était présente ensuite dans le Temple, puis elle a accompagné plus intérieurement le peuple en exil, en creusant sa foi. La Gloire a l'aspect d'un feu dévorant, elle illumine le visage ; elle fait resplendir sur l'homme qui se laisse " habiter" la splendeur de la face de Dieu. Rappelons-nous la transfiguration, où Jésus avait l'aspect d'un éclair, blanc comme neige, son visage se transforma.

La Croix a été le sommet de la gloire de Dieu, de la manifestation de ce qu'il est en profondeur. Elle a livré le secret le plus profond de la gloire, de l'amour du Père : Dieu a tant aimé le monde qu'Il nous a donné son Fils. Le Père et le Fils ont communié alors dans un même amour pour le monde, un même "rayonnement" de leur l'amour. Si Jésus demande à son Père de le glorifier c'est afin qu'il le glorifie à son tour. Nous touchons ici à ce qui fait le cœur de la mission du Fils : révéler et sanctifier le nom du Père.

L'Esprit Saint. La révélation, la sanctification du nom du Père se fera pleinement par le don de l'Esprit Saint. En effet, dans l'Évangile, à chaque fois qu'il est fait référence au don réciproque du Père et du Fils, et du don du Fils aux hommes, il est fait référence à l'Esprit Saint. C'est en quelque sorte le rayonnement, la puissance d'amour de la vie trinitaire qui se révèle ainsi à nous. Un amour qui s'est diffusé dans la création puis, de façon encore plus extraordinaire par la venue du Christ pour le salut des hommes, jusqu'à la Croix. Dans le contexte de l'Ascension nous disposons notre esprit et notre cœur dans une attente plus intense que l'Esprit Saint se manifeste plus fortement encore en 1 nous. Nous participerons vraiment à la gloire de Dieu si nous laissons l'Esprit Saint nous donner totalement à la suite de Jésus, par amour.

Inverser le courant. Jésus a prié pour ses disciples. Il sait que ce sera dur pour eux, de vivre leur mission au milieu du monde. Nous savons nous-mêmes combien la tentation peut-être grande de baisser les bras face aux épreuves qui durent trop longtemps. Jésus est mort pour nous délivrer de cette menace où notre faiblesse nous conduirait à ne plus être capables d'aimer. Il sait que pour nous délivrer de cela, c'est-à-dire du péché, il faut une infinie manifestation d'amour dont il va manifester la force sur la Croix. Jésus ne prie pas pour le monde mais pour ceux que le Père lui as donnés : sa prière ses fait insistante car Il sait qu'Il ne pourra plus rien s'Il se trouve devant un refus radical de notre part : le péché contre l'Esprit. Jésus prie, car il compte bien nous sauver de cela !


J-L Barrain d'après une méditation d'un confrère spiritain.



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