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Homélie du 22 novembre.

Mis à jour : il y a 4 jours

La fête du Christ Roi de l'univers précède comme chaque année le Dimanche d'entrée dans le temps de l'Avent.

Faisant suite au passage de l'Evangile de Dimanche dernier : Mt 25,14-30, la parabole des talents confiés à chacun selon ses capacités, en vue du bien de tous, les textes de ce Dimanche nous éclairent sur cette présence actuelle d'un Dieu

proche et solidaire de son peuple : l'humanité entière.

Je vous invite à 3 moments, éventuellement pour recharger nos « batteries humaines » éprouvées par la route.

** Un Dieu proche depuis toujours

** Dans l'unité, être le « gardien de mon frère »

** Comment la royauté du Christ vient nous rejoindre ?


1/ Un Dieu proche depuis toujours :

Le passage du prophète Ezéchiel dans la 1ière lecture précise que le Seigneur veille ; sur son peuple, les brebis de son troupeau. Cette image du pasteur qui est parlante au temps de Jésus l'est peut-être moins pour des citadins, encore que....

C'est toujours le même Seigneur qui « fait paître son troupeau selon le droit, et qui le fait reposer ». Cette proximité du Dieu révélé de la bible c'est Celui qui rassemble sans cesse un peuple exposé à la dispersion, les épreuves du temps, les tempêtes de la vie. Plus tard nous voyons que lorsque l'Eglise accompagne les croyants par les sacrements ; il nous est rappelé que Jésus Christ ne nous protège pas de l'exposition aux vicissitudes du temps, à la souffrance, au mal ; mais ce compagnonnage dans une Foi éclairée permet de traverser bien plus paisiblement les « épreuves de notre temps ».

Cette présence de Dieu ne peut se faire sans notre libre participation avec l'ensemble de la famille humaine.

Le concile Vatican 2 dans la constitution pastorale sur l'Eglise dans le monde de ce temps, (Gaudium et spes) parle dans son avant-propos de : « L'étroite collaboration de solidarité de l'Eglise avec l'ensemble de la famille humaine » :

«  Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tout ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté en effet, s'édifie avec des hommes rassemblés dans le Christ, conduits par l'Esprit Saint dans leur marche vers le royaume du Père, et porteurs d'un message de salut qu'il leur faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire ».

C'est dans cette solidarité du genre humain et de son histoire que je vous propose le deuxième moment :

2/ Dans l'unité comment suis-je le gardien de mon frère ?


Mais avant cette question du livre de la Genèse de Dieu à Caïn Gn 4,10 « Qu'as tu fait de ton frère? », il y a celle du chp 3 au verset 9 de Dieu cherchant Adam qui se cache dans le jardin d'Eden : « Où es tu ? »

Sans cesse, Dieu est et sera à notre recherche, quand bien même on n'ose pas sortir, se montrer, parce que la vie peut nous fragiliser, au point de ne plus avoir la force « d'être en sortie » pour « aller à la rencontre ». Dieu en Jésus Christ vient inlassablement nous chercher.

Dans le second testament le passage de la lettre aux Hébreux : 12,24 nous parle ainsi : « Vous êtes venus vers Jésus le médiateur d'une Alliance nouvelle, et vers son sang répandu sur les hommes, son sang qui parle plus fort que celui d'Abel. »

Chers amis, quel don nous est fait en Celui qui vient se donner en plénitude, victorieux du mal, venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.

Etre le gardien du frère ou nous mettre en vigilance d'écoute plus fine sur ce que nous pouvons vivre dans cette unité que le Christ nous a déjà donné.

Etre solidaire du genre humain et de son histoire : « être et demeurer le gardien de son frère, de sa soeur », nous fait revisiter sans cesse l'unité de l'Eglise

dans cette diversité des charismes, des dons reçus ».

Chacune et chacun avons reçu des dons, que nous mettons certainement déjà en partage, en vue du bien des personnes, un bien commun.

L'apôtre Paul l'évoque avec les chrétiens de Corinthe, dans une de ses lettres :

(1 Co 12,4-7) «  Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l'Eglise sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous. Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous. »

Etre le gardien de son frère, dans l'unité qui nous est donné par le Christ, en vue de ce bien commun, ce bien de tous, nous demande à vivre sans cesse des collaborations avec des personnes différentes, de pensée, d'approche, de sensibilité...

Clément de Rome dans le tout 1ier siècle, a écrit notamment aux chrétiens de la communauté de Corinthe afin d'apaiser aussi des conflits ; il écrit pour que l'unité et la paix se maintiennent en insistant sur la fraternité.

La vie de l'Eglise est une vie d'unité et d'entente dans le Christ : « Eh bien donc frères, soyons humbles de cœur ; déposons tous les sentiments de jactance, de vanité, de fol orgueil, de colère. ». Cf Clément de Rome, Epitre aux Cor, 13,11. Collection Sources Chrétiennes n 167.

Nous voyons ce que procure de réaliser avec d'autres le « service du frère », sans arrière pensée idéologique.

Sur ce don de Dieu qui nous pousse à vivre cette fraternité pour le prochain, désencombrée d'une « comptabilité de la bonne action », St Césaire d'Arles en 529 au concile d'Orange écrit : « Dieu nous aime non pas tel que nous font nos mérites, mais seulement par sa grâce ».

C'est bien le Christ qui vient nous rejoindre dans sa royauté, avant même que nous ayons pu y penser,

Après avoir évoqué cette proximité de Dieu avec l'humanité depuis toujours, puis le lien entre l'unité et rester le gardien de son frère, C'est le 3ième moment de cette causerie :

3/ Comment le Christ nous rejoint dans cette royauté


Dans le passage de cet Evangile, Mt 25,31-46, nous sommes encore dans une forme de parabole qui nous parle du retour du Christ, avec des figures liées au 1ier testament ; le livre de Daniel notamment.

En parlant des nations, ce texte nous dit l'universalité de ce temps du retour du Christ, par des exemples concrets d'attention aux personnes vulnérables.

C'est une indication qui précise que la royauté du Christ nous y participons, quelque soient nos convictions, du moment que l'intérêt du prochain, soit premier.

Dans ce passage de l'Evangile y a d'ailleurs dans ces attentions ou désintérêts du prochain quelque chose d'essentiel qui permet de révéler ce lien entre Dieu et l'humanité : quelque chose d'imperceptible, de l'inattendu, du non contrôle ; comme si dans une relation « ajustée » on ne pouvait mettre la main, ni sur le prochain, ni sur Dieu.

Si en cette période, les sacrements peuvent plus ou moins manqués aux uns et aux autres, nous pouvons aussi nous rappeler que : les sacrements, notamment de l'Eucharistie, signifient :

** D'abord la communion à laquelle le Christ nous fait participer, et pas autre chose. Risquerons nous déjà à parler de « sacrement de la rencontre » en vue de pouvoir nous poser la question : « Comment suis-je le gardien de ma sœur, de mon frère » ? Ne sommes nous pas dans cette réalité de « sacrement de Salut

Ensuite : que « S'exposer à la Parole, c'est accueillir le Christ » selon Jean Cassien ; le croyons nous vraiment ? Croire à cette « présence réelle » du Christ auprès du frère, de la sœur en souffrance (Isolement....) est une véritable force pour le présent et l'avenir.

A travers le prochain, Jésus nous rappelle qu'il ne nous a pas abandonné.

Puisse le Christ « Roi de l'univers », nous faire désirer de nous exposer à la Parole, en nous procurant cet « intérêt du prochain » ; tout simplement

« pour ce qu'il est : une sœur, un frère de la même humanité ». 


Amen

Bon Dimanche à tous

Thierry Alfano - Prêtre diocésain.




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