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Homélie de l'Epiphanie.


Chers amis, en ce début de nouvelle année, nous célébrons la fête de l'Epiphanie.

Qu'à nos derniers moments de rencontres, de partages, ou de désert, entre le temps de l'Avent, Noël et le jour de l'an, nous puissions y associer les 3 réalités données par l'Evangéliste Matthieu en ce Dimanche, Une étoile/Les mages/L'enfant

1/ Suivre l'étoile, tel ces mages qui se mettent en route pour adorer le « roi des Juifs ».

Nous pouvons imaginer le chemin intérieur, de questionnement, de recherche pour un tel périple. Et je nous invite à revisiter ce que nous avons pu vivre, chacune et chacun pour suivre, en faisant des choix, des renoncements, pour suivre cette étoile. En y regardant bien, nombreuses sont les étoiles que nous pouvons rencontrer sur nos routes; elles peuvent nous permettent de vivre dans l'instant, « comme un moment de grâce », d'accueillir simplement le moment d'un « déjà là » d'éternité dans le temps présent.

Saint Ambroise nous dit que :

« Cette étoile c'est la voie, et la voie c'est le Christ, car par le mystère de son incarnation il est comme une étoile, étoile brillante, étoile du matin, qu'on ne peut voir dans les lieux ou règne Hérode, mais qui reparaît de nouveau là où habite le Christ pour nous montrer le chemin ».

Alors qu'est ce qui nous permet encore aujourd'hui de suivre cette étoile ? En laissant les chemins sans issues, sans promesse d'Alliance ni d'Espérance ; chemins qui pourraient nous détourner de l'étoile. La route des mages c'est aussi la nôtre, elle n'est pas facile mais belle, nous demandant d'accueillir ce mystère révélé dont parle l'apôtre Paul dans la 2ième lecture aux Ephésiens : « Ce mystère c'est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l'annonce de l'Evangile ».

« Nous formons un même corps nous qui avons part au même pain, et Jésus Christ est la tête de ce Corps, Eglise du Seigneur. »

2ième réalité : les mages. En arrivant à Jérusalem ils font la demandent suivante :

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l'orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

Ils suscitent un bouleversement tant chez Hérode qu'à Jérusalem.

En voyant le « roi des Juifs » comme un concurrent, cette peur sera alimentée par l'ignorance des prêtres et scribes appelés par le roi Hérode pour l'éclairer.

St Jean Chrysostome nous dit: « Qu'en supprimant une partie de la prophétie, ils sont devenus la cause du massacre des enfants ». Il s'agit des saints innocents.

La prophétie complète du prophète Michée chp 5 est la suivante : « De toi sortira le roi qui gouvernera mon peuple d'Israël, et ses jours sont depuis les jours d'éternité. » C'est à dire que la royauté du Christ n'est pas celle d'un roi habituel; Hérode n'a rien à craindre.

Sans nous prendre pour Hérode, nous est-il arrivé d'avoir peur que « quelqu'un nous prenne la place »: une place en famille; au travail, en associatif, en Eglise ?

Quels moyens de discernements prenons-nous alors pour évaluer si cette peur relève de la raison ou de l'imagination, d'un égo bousculé dans la rencontre de l'autre, l'altérité qui vient nous faire sortir de notre « confort de vivre » personnel.

Posons-nous en vérité cette question, dans des situations diverses ; elle aura le mérite de nous pacifier personnellement, et de ne pas voir l'autre (si tel est vraiment le cas) comme un-e concurrent-e mais comme une chance pour avancer sur nos routes de l'Alliance. Que cet exemple d'Hérode, à la fois mal conseillé, et qui ne va pas chercher à « creuser plus loin son savoir », que cet exemple nous invite à vérifier à de « bonnes sources » les informations que nous recevons ; soyons des chercheurs du chemin de la Vérité, de la Vie.

3ième réalité : L'Enfant : L'étoile montre où se trouve l'enfant. Cette étoile qui les précède peut nous évoquer le livre de l'Exode au chp 13

« Le Seigneur lui-même marchait à leur tête : le jour dans une colonne de nuée pour leur ouvrir la route, la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer ; ainsi pouvaient-ils marcher jour et nuit. »

C'est une étape importante dans le parcours des mages. Cette étoile qui mène à la « lumière du monde », le Christ, leur provoque une très grande joie ; que personne ne pourra leur enlever. Comment à notre tour, une rencontre renouvelée avec Jésus-Christ en cette année vient nous inviter à « marcher sur d'autres chemins » ? Nous faisons encore des expériences humaines et spirituelles inédites qui nous remuent et interrogent le fait de « croire ». Je vous cite à nouveau ce que nous dit Marie Balmary sur le fait que « croire permet une forme de libération » : « J'aime ce verbe « croire » utilisé sans complément d'objet. Croire ne s'oppose pas à la raison, mais renvoie à une autre disposition que celle-ci, la dimension du cœur, celle par laquelle on aime et aussi celle par laquelle on croit l'autre. Je pense qu'il ne faut pas laisser le verbe croire aux seuls religieux, c'est trop important pour nous tous....Croire ou savoir l'autre il faut choisir....On devient humain par la relation. Par un autre qui croit que vous existez vraiment, que vous êtes un être parlant qui cherche à en rencontrer d'autres, qui peut accomplir ce désir. Croire, là, prend son sens hébreu de « c'est du solide...je peux m'appuyer dessus », tout le contraire de « je me prosterne ».

Nos quêtes de sens, de vies meilleures trouvent leur réponse dans ces rencontres renouvelées auprès de la vulnérabilité de l'enfant Jésus. Il vient sauver en nous, nos impossibles, nos impuissances ou toutes puissances ; les peurs de lâcher prise, pour nous laisser conduire par l'Esprit Saint. Cet Esprit qui n'est pas une force ésotérique, c'est le don qui agit dans la vie de chacun. Il rend fort dans l'épreuve, libère du doute, rend joyeux et confiant.

Ne craignons pas, lorsqu'il le faut, de changer de direction, comme les mages qui rentrent par un autre chemin. Ces mages dans leur diversité nous disent déjà ce qu'est ou n'est pas une communauté de croyants : Elle brasse les cultures, les mentalités ; les histoires de vies mêlées ; la communauté ecclésiale ne supporte pas l'entre soi ou le communautarisme. N'hésitez pas à relire s'il le faut la généalogie de Jésus-Christ; ce sera très clair.

Ecoutons pour terminer ces quelques lignes de St Jean Chrysostome sur ce « changement de direction des mages après avoir rencontré l'enfant Jésus.


Saint Jean Chrysostome

« D'ailleurs Il n'était pas possible que ceux qui avaient quitté Hérode pour venir trouver Jésus-Christ, retournent vers ce roi impie et cruel. Ceux en effet qui abandonnent Jésus-Christ et qui passent au démon par le péché, reviennent à Jésus-Christ par la pénitence. Celui qui a vécu jusqu'alors dans l'innocence, ignore le mal et se laisse facilement tromper ; mais lorsqu'il a connu par expérience le mal dans lequel il est tombé, et qu'il se rappelle le bien qu'il a perdu, il revient à Dieu, le repentir dans le coeur. Or l'homme qui abandonne le démon pour venir à Jésus-Christ revient difficilement au démon, parce que la joie qu'il goûte au milieu des biens qu'il a retrouvés, et le souvenir des maux auxquels il a échappé, lui rendent difficile le retour vers le mal. »


Belle fête de l'Epiphanie ainsi qu'à tous vos proches


Thierry Alfano

Curé





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